Le tracé alternatif proposé par la Ville de Mirabel, qui emprunterait le territoire aéroportuaire, demeure à l’étude, tandis qu’un corridor plus précis doit être dévoilé cet automne.
Devant les questions du public, le président-directeur général d’Alto, Martin Imbleau, a reconnu les préoccupations des communautés agricoles concernant la fragmentation des terres, les déplacements et les éventuelles expropriations. Il a insisté sur la volonté de limiter les conséquences du projet et d’offrir des indemnisations tenant compte des pertes à long terme.
« La compensation, elle va être juste, raisonnable et basée sur la juste valeur marchande. Pas juste de la terre aujourd’hui, mais des revenus anticipés sur 100 ans », a-t-il déclaré.
Selon lui, Alto souhaite maintenir les accès aux propriétés et trouver des solutions avec les producteurs pour préserver leur productivité. Les passages au-dessus ou sous les infrastructures ferroviaires et l’aménagement des chemins agricoles devront notamment faire l’objet de discussions.
« C’est toutes des solutions techniques qu’il faut jaser avec les agriculteurs et pas en vase clos dans notre bureau », a-t-il ajouté.
Le tracé de Mirabel toujours étudié
Le PDG a également rappelé qu’Alto analyse la proposition de la Ville de Mirabel visant à faire passer le TGV par le site de l’aéroport afin d’épargner davantage de terres agricoles.
« On sait que Mirabel a une situation particulière et la Ville nous a proposé quelque chose de très intéressant pour avoir un tracé alternatif qui minimise l’impact », a souligné Martin Imbleau.
Cette possibilité figure parmi les modifications envisagées à la suite des consultations publiques tenues entre janvier et avril. Elle ne constitue toutefois pas encore un choix définitif.
Alto prévoit présenter cet automne un corridor privilégié de quelques centaines de mètres entre Montréal et Ottawa, en passant par Laval. Les propriétaires susceptibles d’être concernés seront avisés individuellement et pourront participer à une nouvelle ronde de consultations.
« Ça ne veut pas dire qu’on va acquérir ces propriétés-là », a précisé le PDG. L’emprise définitive serait plutôt de 60 à 65 mètres, et son emplacement exact devrait être déterminé au cours de l’année 2027, après la réalisation d’études supplémentaires.
Des indemnités à préciser
Concernant les acquisitions éventuelles, Martin Imbleau affirme privilégier les ententes de gré à gré et une approche individualisée.
« La valeur marchande, c’est pas seulement la valeur intrinsèque d’un terrain. Là, c’est aussi les impacts que ça peut provoquer, les coûts de déménagement, les coûts de relocalisation », a-t-il expliqué, en évoquant également les pertes de productivité et l’allongement des déplacements agricoles.
Ces engagements devront toutefois se traduire en modalités concrètes pour les propriétaires concernés.
Discussions fédérales et provinciales
Le TGV continue également d’alimenter les débats à Ottawa depuis la reprise des travaux parlementaires. Le député conservateur de Lévis—Lotbinière, Jacques Gourde, a notamment questionné le gouvernement sur les ententes de confidentialité entourant le projet. Le député bloquiste de Mirabel, Jean-Denis Garon, poursuit pour sa part ses interventions concernant les coûts, les consultations et les droits des propriétaires susceptibles d’être expropriés.
Au Québec, l’élection du gouvernement du Parti québécois, dans une Assemblée nationale où le Parti conservateur du Québec dispose désormais d’une présence importante, ajoute une nouvelle dimension politique au dossier.
Le dévoilement du corridor privilégié, attendu cet automne, pourrait ainsi raviver les débats et permettre aux résidents de mieux comprendre qui risque d’être touché. Le projet demeure néanmoins loin de sa réalisation : Alto vise un début des travaux en 2029, avec plusieurs années de construction à prévoir.

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