L’entrepreneure bien connue dans la région, recrutée par la CAQ–Équipe Christine Fréchette, n’entend toutefois pas faire de la figuration dans cette campagne électorale.
Une semaine après l’annonce officielle de sa candidature, Marjolaine Ferron a rencontré L’Éveil au café Les Hédonistes, à Saint-Joseph-du-Lac, pour faire le point sur ses premiers jours comme candidate.
Bien avant de se retrouver sur les poteaux, Ferron s’était fait connaître comme l’un des visages de Maison Lavande, l’entreprise familiale où elle a travaillé pendant 16 ans. Une aventure qui s’est terminée officiellement en octobre 2025 : « La transmission de l’entreprise n’a pas fonctionné, donc j’ai reparti une entreprise avec ma sœur », résume-t-elle.
Un tournant inattendu
Lors de l’annonce officielle de sa candidature, une semaine plus tôt, Ferron admettait que la politique n’avait jamais vraiment été sur son radar. L’Éveil a donc voulu savoir ce qui avait pu la convaincre de faire le saut.
« Quand le parti m’a appelée et m’a dit qu’il me ferait confiance si j’acceptais l’invitation de me présenter dans un comté aussi important et significatif pour moi que Mirabel, c’était difficile pour moi de refuser. »
Au terme de quelques semaines de réflexion, et après avoir échangé avec la députée sortante Sylvie D’Amour, elle a découvert un rôle dans lequel elle pouvait se reconnaître.
Bien qu’elle s’habitue à son statut de candidate, le qualificatif de « candidate vedette » lui arrache une grimace. Ferron ne nie pas que sa notoriété et son enracinement constituent un atout pour aller à la rencontre des électeurs. Mais lorsqu’on lui propose plutôt l’expression « politique de proximité », la réaction change.
« C’est absolument ça. Ce terme-là me colle. Le pouvoir d’être députée ou, si on a la chance d’être élue, d’être ministre, c’est une chose. Mais ma motivation, c’est être près des gens. Pouvoir redonner à la communauté qui m’a tout donné ces dernières années. »
La croissance en toile de fond
Sur les enjeux, Mme Ferron revient rapidement à la forte croissance démographique des Laurentides et à la pression qu’elle exerce sur les infrastructures. Mais c’est sur la sécurité routière que son discours se fait le plus ferme.
« Là où moi j’ai un enjeu prioritaire, c’est tout ce qui touche la sécurité routière », affirme-t-elle. Questionnée sur les routes 148 et 50, elle estime qu’« il y a vraiment des routes où il faut se pencher fort ».
L’agriculture, la santé et le coût de la vie des jeunes familles figurent également parmi ses priorités. Sur la mobilité et le transport collectif, Mme Ferron reconnaît toutefois qu’il lui « manque des informations » pour se prononcer adéquatement et dit avoir des rencontres prévues sur la question.
L’envers de la politique
Si Marjolaine Ferron parle avec enthousiasme de ses premières rencontres sur le terrain, ses premiers jours comme candidate lui ont aussi fait découvrir un visage moins séduisant de la politique.
« Sur les réseaux sociaux, c’est autre chose. […] Ça peut être d’une violence qui m’impressionne quand même. On s’attaque à des trucs qui n’ont rien à voir avec la politique. Ça m’impressionne beaucoup. Je dénonce ça. »
Le contraste est d’autant plus marqué que la candidate nourrit un souhait, pour sa première campagne : « Je ne sais pas si c’est une utopie. […] Je me souhaite une campagne qui est douce, qui est humaine, qui est alignée, qui a des valeurs aux bonnes places. »
Après une semaine dans l’arène politique, elle ne prétend pas encore savoir si cette vision résistera à la campagne.
« C’est ça à quoi j’aspire. »
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