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Manifestation devant le collège Lionel-Groulx: Les profs corrigent les examens sur le trottoir

Un enseignant peut prendre jusqu’à une heure pour corriger une seule copie.

Manifestation devant le collège Lionel-Groulx: Les profs corrigent les examens sur le trottoir

Publié le 04/06/2015

Pendant qu’à Québec, mercredi, les enseignants recouvraient la pelouse de l’Assemblée nationale de banderoles pour protester contre la lenteur des négociations avec le gouvernement et les offres déposées, au même moment à Sainte-Thérèse, les enseignants du collège Lionel-Groulx (CLG) étaient réunis à l’extérieur, sur le terrain du cégep, où ils corrigeaient paisiblement les travaux de fin de session de leurs étudiants.

«Ce qu’on cherche à faire aujourd’hui avec cette activité de correction publique, a mentionné Michel Milot, président du Syndicat des enseignantes et des enseignants du CLG (SEECLG), c’est de mettre au jour le travail invisible des profs, montrer à la population en général ce qu’elle n’est pas habituée de voir puisque, habituellement, les profs corrigent dans le calme de leur bureau ou de leur demeure», a-t-il poursuivi avant d’ajouter que, la session étant échue depuis le 25 mai, les enseignants ont jusqu’au 8 juin pour remettre les résultats à la direction, une tâche ardue si l’on considère qu’un seul enseignant peut dénombrer plus de 120 étudiants et qu’il peut mettre jusqu’à une heure pour corriger une copie.

«À cela s’ajoute la préparation pour la session qui s’en vient, beaucoup de réunions de programme, l’encadrement des étudiants en rencontres individuelles, des tâches administratives. Ça aussi, c’est du travail invisible.», d’insister M. Milot.

Du «sur place»

Depuis décembre dernier, pas moins de 26 journées de négociations ont eu lieu entre les parties patronale et syndicale afin de tenter d’en arriver à une entente, mais en vain.

«C’est littéralement du “sur place” actuellement», a mentionné Michel Milot, pour qualifier l’avancée des négociations. Il ajoute ne sentir aucune ouverture de la part de Québec.

«On sent que la partie patronale n’est pas de bonne foi. Quand ça fait 26 jours que tu tournes autour du pot, que tu évoques des problématiques sans proposer de solutions tandis que nous arrivons de notre côté préparés, avec des propositions de solutions, on est ailleurs, on ne peut pas parler de bonne foi ici.»

Les négociations se poursuivront cet été, mais les probabilités d’en venir à une entente au cours de cette période sont nulles selon le président du SEECLG, et ce, même si l’intervention d’un négociateur a récemment été demandée par les syndicats.

«Ce qu’on vise, a conclu M. Milot, c’est une entente négociée, satisfaisante pour les profs de cégep. On pense que les cégeps font partie du joyau de l’éducation au Québec et on mérite cette reconnaissance.»

Rappelons que le SEENCLG est affilié à la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) qui regroupe quelque 33 000 membres dans les cégeps, les établissements privés et les universités.