icon journal
L’union fait la force  : Les oppositions du Québec et de l’Ontario réunies à Ottawa

Photo Christophe Godon TGV Alto

Plus de 1000 opposants à Ottawa

L’union fait la force : Les oppositions du Québec et de l’Ontario réunies à Ottawa

Publié le 18/06/2026

Plus de 1000 personnes provenant du Québec et de l’Ontario ont manifesté à Ottawa le 10 juin afin de dénoncer le projet de train à grande vitesse (TGV) d’Alto.

Réunis symboliquement sur le pont Alexandra avant de marcher vers le Parlement, les participants ont assisté à plus d’une heure de discours prononcés par des élus, des agriculteurs et des citoyens touchés par le tracé envisagé.

Le conseiller municipal de Mirabel, Robert Charron, était accompagné du président de l’UPA Ste-Scholastique — Mirabel, Christian Couvrette, afin de porter leur message aux élus fédéraux. De l’autre côté du pont attendaient les participants ontariens réunis derrière Paula Banks et Kathleen O’Connell Renaud. Les deux groupes se sont unis et ont marché jusqu’à la zone prévue pour les discours.

L’un des premiers élus à dénoncer la forme actuelle du projet, le député du Bloc Québécois dans Mirabel, Jean-Denis Garon, a pris la parole devant une foule qui couvrait l’allée principale devant le parlement. « Ces gens-là ont besoin d’être entendus aujourd’hui. Ils envoient un message à tout le Québec et tout le Canada : ce qui leur est arrivé à Mirabel peut arriver à n’importe qui. »

Engagements conservateurs

Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a annoncé le lancement d’une campagne nationale contre le projet de TGV : « Il faut se battre contre le grand éléphant blanc de 90 milliards. […] Nous sommes contre ce gaspillage. Nous voulons laisser l’argent dans vos poches et protéger les terres de nos fermiers, de nos travailleurs et de nos communautés rurales à travers le Canada. »

Il a d’ailleurs tenu à rappeler la cicatrice laissée aux expropriés du siècle dernier : « Le gouvernement a volé le terrain des gens de Mirabel il y a 40 ans pour un aéroport que personne n’utilise aujourd’hui, ça sera un autre éléphant blanc. »

Ensuite, le coloré Jacques Gourde, député conservateur dans Lotbinière et agriculteur, a pris la parole. « La dernière chose que je veux, c’est de voir un train passer sur ma terre. Le secteur agricole a déjà payé trop cher pour des servitudes au bénéfice de la société, maintenant c’est trop. Il y a toujours des limites à se laisser marcher sur les pieds », a déclaré le député pour galvaniser les troupes présentes. « Méfiez-vous du chant des sirènes de ceux qui vont vouloir vous convaincre que c’est un bon projet ! »

Plusieurs autres personnes se sont succédé au micro dont des présidents locaux de l’UPA, des producteurs agricoles, des expropriés de Mirabel et leur famille, des politiciens, des travailleurs de rangs et des experts.

Rassemblement devant des édifices gouvernementaux à Ottawa, manifestants brandissant des pancartes contre le projet TGV ALTO
Photo Christophe Godon Le pont Alexandra a servi de point de rencontre aux opposants venus des deux côtés de la rivière des Outaouais.

Des nouvelles en continu

Pendant la manifestation, les participants ont réagi fortement à la déclaration du ministre des Transports, Steven MacKinnon, affirmant qu’il ne peut garantir le plafond de 90 milliards pour le projet. Selon plusieurs experts, le coût du projet pourrait atteindre plus du double.

L’opposition au projet a pris une nouvelle ampleur avec la sortie du chef du Parti Québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon la veille de la manifestation. Les réactions des maires des grandes villes du Québec n’ont pas tardé pour condamner ses propos.

La suite des choses

« Ce n’est pas une course, c’est un marathon » a répété plus d’une fois Robert Charron au micro. « On ne viendra pas à Ottawa à chaque fois, mais restez informé des actions dans vos régions », a-t-il suggéré avant le retour des manifestants dans leur région respective. Aucun débordement n’a été signalé, la manifestation était bruyante et émotive.