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Les limites de vitesse continuent de déranger à Oka

Photo : Léa Lemieux –

Rémi Lavoie, instigateur de la pétition, et Nathalie Bérubé, propriétaire d’Artisan du terroir et signataire de la pétition.

Les limites de vitesse continuent de déranger à Oka

Publié le 29/08/2025

Le trafic est dense et rapide sur le chemin d’Oka (route 344), emprunté par de nombreux touristes et citoyens, si bien que la sécurité des usagers et l’accès aux commerces en souffrent.

Des résidents d’Oka et la municipalité elle-même ont rédigé plusieurs demandes auprès du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) afin d’abaisser la vitesse maximale sur des tronçons du chemin d’Oka.

En juin, 559 personnes ont signé une pétition demandant une réduction de la limite de vitesse sur la route 344 à Oka entre l’autoroute 640 et l’entrée du Calvaire d’Oka. La pétition demande que les limites de vitesse de 80 km/h en vigueur soient réduites à 60 km/h sur ce tronçon de 6,3 km.

La liste des arguments en faveur de la baisse de la limite est longue : entrées et sorties des cours difficiles en raison de la densité et de la vitesse du trafic, accidents, animaux tués, pollution sonore causée par la vitesse, comportements dangereux des conducteurs — tout y passe.

Les limites de vitesse alternent plusieurs fois entre 50 et 80 km/h sur la route 344 à Oka, ce qui sème la confusion chez certains automobilistes, dit M. Lavoie. L’enjeu principal demeure la sécurité des usagers de la route, avance Rémi Lavoie, instigateur de la pétition.

Nathalie Bérubé, propriétaire d’Artisan du terroir, a pignon sur rue dans la zone de 80 km/h entre l’Abbaye d’Oka et l’autoroute. Elle affirme avoir perdu des clients en raison de la dangerosité des entrées et sorties de la cour de son commerce, la circulation étant dense et rapide.

Mme Bérubé a amassé la majorité des signatures de la pétition. « Ça me tient à cœur parce que ce sont mes clients, ce sont les gens qui vivent ici, et ils sont découragés », précise-t-elle.

Multiples demandes au ministère

Le 30 janvier 2025, MTMD a accepté d’analyser la demande de la municipalité de réduction de la vitesse maximale sur le chemin d’Oka entre le kiosque des fermes St-Denis et la sortie de l’autoroute 640.

Cette même demande a été formulée par la municipalité en 2021. Elle avait été refusée par le ministère en 2022, car son analyse relevait que la mobilité et la sécurité des usagers auraient été « compromises » par ce changement et que « les opérations de contrôle de la vitesse demeurent possibles ».

Des « observations et nouveaux relevés de vitesse » devaient être réalisés au printemps 2025, indique un courriel du ministère obtenu par l’Éveil en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. « Nous sommes toujours en attente d’une réponse du ministère des Transports dans ce dossier-là », a fait savoir Pascal Quevillon, maire d’Oka.

L’enjeu est « commercial et touristique », croit M. Quevillon. La concentration de commerces et de services dans le secteur entraîne un grand « va-et-vient », rendant les entrées et sorties de la route 344 problématiques pour les clients des commerces locaux, juge-t-il. Le maire souhaite sécuriser le secteur et homogénéiser les limites de vitesse.

Photo : Capture d’écran d’un document du MTMD
 Le schéma montre les limites de vitesse actuelles et leur emplacement entre le kiosque des fermes St-Denis et l’autoroute 640 (1350 et 4315, chemin d’Oka).
 

Des changements qui dérangent

Si le MTMD acceptait la requête d’Oka, tout le tronçon de l’autoroute 640 jusqu’à l’Abbaye d’Oka aurait une vitesse maximale chiffrée à 50 km/h. Pour M. Lavoie et Mme Bérubé, cette demande de la municipalité n’est pas suffisante. « Tout le tronçon [entre l’Abbaye et le Calvaire d’Oka], c’est le pire bout. C’est là que ça roule le plus vite », considère M. Lavoie.

« On se rend compte qu’une grande majorité de la population ne veut pas qu’on demande une réduction de vitesse sur l’ensemble du tronçon [visé par la pétition] », avance Pascal Quevillon.

Le conseil municipal n’a pas encore décidé s’il allait faire écho à la pétition de M. Lavoie en envoyant une nouvelle requête au ministère pour réduire la vitesse maximale sur le tronçon entre l’Abbaye d’Oka et l’entrée ouest du parc national d’Oka.

Le ministère a le dernier mot

Le MTMD est propriétaire de la route 344 à Oka. Le conseil municipal doit donc adopter une résolution pour faire changer une limite de vitesse sur cette route. Cette résolution fait office de demande officielle auprès du ministère, qui peut ensuite procéder à l’analyse du tronçon routier visé par la demande de la municipalité.

Le MTMD peut refuser une demande de modification de la limite de vitesse s’il conclut « que la sécurisation de la route ne dépend pas de la limite de vitesse, mais plutôt de l’environnement routier ou du comportement des usagers ». L’environnement routier peut inciter les conducteurs à adopter consciemment ou inconsciemment une certaine vitesse. Changer la vitesse maximale serait alors inutile, puisque les conducteurs ne la respecteraient pas, explique le ministère sur son site web.

« La municipalité n’a pas juridiction [sur cette route], donc si le ministère des Transports refuse la demande, on ne pourra pas sécuriser » le secteur, dit Pascal Quevillon. La seule autre façon de changer la donne serait « la pression citoyenne », affirme le maire.

Léa Lemieux
Journaliste stagiaire