Le DEP en infographie était dispensé depuis vingt ans à L’Émergence, à Deux-Montagnes. Deux semaines après la rentrée scolaire, le couperet est tombé : annulation du programme.
Selon des membres du personnel enseignant, le retrait de ce programme entraînera des conséquences fâcheuses pour les élèves qui y sont inscrits. Il faut savoir que cette formation est enseignée en mode individualisé, avec des entrées en continu, de sorte que de nouveaux élèves pouvaient s’y inscrire au fil des semaines.
« Notre capacité est de 22 places. Nous étions 12, et 5 nouveaux devaient s’ajouter … (au début septembre) . On leur a annulé leur rentrée à la dernière minute et on leur propose d’aller étudier dans une autre région. Une baisse d’inscriptions n’explique pas ça. Pour les 12 élèves restants, c’est le début d’un parcours du combattant dans un programme que le gouvernement lui-même qualifie de « coupé » », affirment les enseignantes Isabelle Gagné et Fannie Bellemare-Larivière.
Des programmes annulés
Également touchées par le retrait du DEP, elles se questionnent sur les raisons ayant empêché le CSSMI d’annuler la formation plus tôt, et non à la toute dernière minute. « Selon ce qu’on nous a expliqué, notre programme avait tout simplement été oublié lors de la vague de coupures provinciales de juillet. Un fonctionnaire s’en est aperçu. Ce réveil tardif de la machine administrative vient de plonger des enseignantes et des dizaines d’élèves dans l’insécurité », déplorent-elles.
Or, ce programme ne serait pas le seul touché au sein du CSSMI, font-elles remarquer. Il y a eu la cessation, à l’été, de cartes de programmes en horticulture au Centre de formation agricole de Mirabel (CFAM) ainsi qu’en Décoration intérieure et présentation visuelle au Centre de formation des Nouvelles-Technologies.
« Cette situation est révoltante, mais elle n’est pas unique. Partout au Québec, d’autres régions vivent exactement les mêmes histoires de fermetures improvisées et de restructurations de cartes de formation. On nous parle à outrance d’adéquation formation-emploi, mais on ferme des programmes essentiels en région. »
Du côté du CSSMI, on insiste sur le rôle du ministère de l’Éducation dans ce dossier.
« Le programme de DEP en infographie offert au Centre de formation professionnelle L’Émergence était autorisé dans le cadre d’un prêt de carte du programme appartenant au Centre de services scolaires des Découvreurs. Cette autorisation est revue et renouvelée aux deux ans. Pour l’année en cours, le MEQ n’a pas autorisé le renouvellement de ce prêt de carte. Cette décision s’appuie notamment sur une diminution de la demande sur le marché de l’emploi dans ce domaine au sein de la région », a indiqué la porte-parole du CSSMI, Mélanie Poirier, questionnée à ce sujet.
Pour leur part, les enseignantes Gagné et Bellemare-Larivière continuent de croire à la pertinence de cette formation. « Nous enseignons l’infographie. On nous dira que c’est un choix incertain à l’ère de l’IA. Nous répondrons qu’on aura toujours besoin d’infographes, et que le bleu du drapeau du Québec, à l’impression, a encore besoin d’un œil humain pour être juste.

MOTS-CLÉS
Deux-Montagnes
Isabelle Gagné
Fannie Bellemare-Larivière