icon journal
Le communautaire à boutte déçu de sa rencontre avec Christine Fréchette

Photo Phoeby Laplante

Le communautaire à boutte déçu de sa rencontre avec Christine Fréchette

Publié le 07/09/2026

Après des mois à réclamer un tête-à-tête avec la première ministre, le mouvement Le communautaire à boutte a finalement rencontré Christine Fréchette la semaine dernière.

Une rencontre « décevante », soulignent les responsables, qui dénoncent une absence totale d’engagement financier de la part du gouvernement.

« Beaucoup de promesses administratives », résume la directrice générale du Centre de femmes La Mouvance, à Saint-Eustache, et représentante du mouvement Le communautaire à boutte dans la MRC de Deux-Montagnes. Vickie Ouellette affirme que le gouvernement a réitéré son intention de revoir le plan d’action gouvernemental en action communautaire et d’alléger les tâches administratives des organismes. « Mais aucun engagement financier pour répondre à la crise actuelle », déplore-t-elle.

« Le milieu attendait une réponse à la hauteur de la crise. À deux jours du déclenchement des élections, cette réponse n’est pas venue », dénonce pour sa part le co-porte-parole du mouvement dans un communiqué, déplorant le refus du gouvernement de faire plus, tandis que le milieu communautaire autonome s’écroule.

Pour Mathieu Gélinas, le milieu communautaire ne fait pas partie des priorités politiques. Il estime que « ce n’est pas une question de moyens ». Pour lui, « c’est une question de choix politiques ».

« Un refus de répondre au cri du cœur du milieu »

« Pendant que des organismes ferment, que des services s’arrêtent, que des travailleuses — majoritairement des femmes — s’épuisent et quittent le milieu une à une, la première ministre s’est engagée à s’engager, sans y associer le moindre montant », dénonce M. Gélinas.

Or, les griefs du milieu « sont simples, documentés et urgents », soutient-il.

Le communautaire à boutte, qui regroupe 4 500 organismes, réclame un fonds d’urgence de 360 M$, une indexation annuelle selon les coûts de fonctionnement du communautaire, ainsi qu’un plan de rattrapage financier visant à atteindre la moyenne salariale québécoise.

« La première ministre a refusé de répondre au cri du cœur du milieu. »

Mathieu Gélinas, co-porte-parole du mouvement Le communautaire à boutte.

« On ne peut pas ouvrir des postes à temps complet [ni] offrir des conditions de travail décentes » avec ce modèle, affirme Vickie Ouellette, soulignant que les indexations annuelles, inférieures à 2 % cette année, ne suivent pas le rythme du coût de la vie. Selon elle, la somme que réclame le mouvement permettrait d’ajouter au moins une ressource par groupe et d’offrir des salaires décents à des employés qui, dans certains cas, doivent eux-mêmes recourir à l’aide alimentaire pour joindre les deux bouts.

Elle dénonce également la place trop grande qu’occupe le financement par projet au détriment du financement à la mission.

« Les organismes sont vraiment en crise actuellement au niveau financier. Il y a des organismes qui doivent fermer des services. Il y a des organismes qui sont surchargés. »

Vickie Ouellette, représentante du mouvement Le communautaire à boutte dans la MRC de Deux-Montagnes.

La campagne électorale comme levier de pression

Même s’il se dit déçu de sa rencontre avec la première ministre, Le communautaire à boutte n’entend pas baisser les bras. Il appelle l’ensemble des chefs de parti à établir une vision « concrète et chiffrée » permettant de répondre à l’urgence dans le milieu communautaire autonome.

Le mouvement souhaite que le milieu communautaire soit entendu comme un enjeu dans cette campagne électorale. « [Nous voulons] lancer un message clair au prochain gouvernement qui sera élu. On est là pour rester et on veut s’asseoir avec le gouvernement pour trouver de réelles solutions et sentir qu’on est écouté et qu’on est considéré », déclare Mme Ouellette.

Le 15 septembre, le réseau communautaire investira la Ville de Trois-Rivières, circonscription électorale de Christine Fréchette. Il s’agit « d’envoyer un signal clair à la CAQ et à l’ensemble des partis que le milieu attend des engagements structurants ».

« Si la CAQ passe au pouvoir le 5 octobre prochain, cette mobilisation-là prévue au mois d’octobre risque de prendre une tournure plutôt de grève parce qu’on a déjà fait cette mobilisation-là auprès du gouvernement », conclut-elle.