Réunis à Mirabel le 12 mai dernier, des intervenants politiques et intellectuels ont remis en question la rentabilité, les impacts régionaux et les motivations politiques derrière ce vaste chantier ferroviaire.
Parmi les voix entendues lors de la conférence, Jean-Denis Garon a insisté sur le caractère, selon lui, peu justifiable du projet sur le plan économique.
« Le coût de construction de ce train-là va être probablement de 88 à 90 milliards, probablement plus. Les bénéfices aux usagers privés sur une durée de 50 ans sont à 40 milliards. Et les bénéfices environnementaux sont loin de combler la différence. »
Le député estime également que les priorités en matière de transport et d’environnement devraient être revues.
« C’est vrai qu’il faut électrifier les transports. Ce n’est peut-être pas clair que le premier transport à électrifier, ce soit un TGV. »
Les impacts locaux du tracé proposé ont aussi occupé une place importante dans les échanges. Le directeur de la revue, Robert Laplante, a dénoncé les conséquences possibles pour la région de Mirabel.
« On va se taper encore une fois des familles éclatées, des fermes, des entreprises dont les développements seront hypothéqués, parce qu’on va prendre la terre en deux pour laisser passer le tracé. »
Les intervenants ont également défendu le rôle des intellectuels dans le débat public. Jean-Denis Garon a affirmé que leur responsabilité est de « ramener les faits » face à ce qu’il considère comme une campagne axée sur l’émotion et l’image.
Le recueil Un train pour nulle part rassemble plusieurs textes d’analystes et de spécialistes du transport qui remettent en question la pertinence du projet de TGV, tant sur le plan technique qu’économique et social.
Mirabel affine sa position
De son côté, la ville de Mirabel réitère son orientation, exposée dans le mémoire remis au gouvernement cet hiver, d’utiliser au maximum les terres fédérales pour minimiser l’impact chez les agriculteurs.
Mirabel souhaite aussi qu’une gare de maintenance soit considérée à l’Aérocité Internationale de Mirabel YMX. Le ministre des Transports du Canada Steven MacKinnon aurait indiqué qu’aucune décision n’a encore été prise dans ce dossier.
Afin d’informer la population, la Ville de Mirabel a créé une page web consacrée au projet de TGV et à ses impacts potentiels sur le territoire, accessible sur le site de la Ville de Mirabel. Alto a aussi déposé cinq nouvelles pages sur son site à propos du processus d’acquisition de terrain dans les dernières semaines.

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