D’un côté, la nouvelle campagne Go Alto cherche à regrouper et rendre visibles les appuis au projet. De l’autre, des groupes citoyens et des élus locaux appellent à une manifestation nationale le 10 juin à Ottawa pour dénoncer les impacts potentiels du tracé envisagé.
Go Alto veut « rendre l’appui visible »
Lancée officiellement le 25 mai, la campagne Go Alto se présente comme une initiative citoyenne indépendante visant à soutenir le développement du train à grande vitesse.
Dans son communiqué de lancement, le groupe affirme vouloir transformer un appui jugé « souvent silencieux » en soutien public clair : « Le Canada a assez attendu. Il est temps de bâtir ALTO », peut-on y lire.
En entrevue, le fondateur et porte-parole David Bellerive explique que l’objectif est de contribuer au débat en mettant de l’avant les bénéfices du projet.
« On croit qu’il faut que toutes les perspectives soient à la table. Les impacts existent, mais il ne faut pas oublier les bénéfices que ce type d’infrastructure peut apporter », soutient-il.
Le groupe affirme vouloir rassembler des citoyens à l’échelle du corridor, sans affiliation politique ni lien avec des promoteurs ou des gouvernements.
Études de terrain : recours accru aux drones
Pendant que le débat citoyen s’intensifie, Alto et son partenaire Cadence ont confirmé le déploiement de nouvelles opérations de relevés par drone dans plusieurs municipalités situées entre Ottawa et Montréal.
Ces activités, prévues entre le 25 mai et la fin de 2026, seront réalisées par périodes de quelques jours, selon les conditions météorologiques. Elles s’inscrivent dans le cadre du programme d’études de terrain du projet.
Selon les informations fournies par l’organisation, des drones pourraient être visibles dans le ciel ainsi que des équipes au sol installant des cibles de contrôle amovibles.
Les secteurs concernés incluent notamment, au Québec, Boisbriand, Mirabel, Saint-André-d’Argenteuil, Pointe-Fortune et Rigaud, ainsi que plusieurs municipalités en Ontario, dont les cantons de East Hawkesbury et North Glengarry, The Nation et la région d’Ottawa.
Alto affirme que cette méthode permet de réduire le nombre d’interventions sur le terrain et de limiter les perturbations pour les communautés. Les données recueillies serviraient notamment à documenter les cours d’eau, les habitats naturels et d’autres caractéristiques environnementales.
L’organisation précise également que la présence de drones ne signifie pas que le tracé final est déterminé, les relevés étant effectués à l’intérieur d’un corridor encore à l’étude.
Inquiétudes sur le terrain et controverse politique
Ces opérations de reconnaissance surviennent toutefois dans un climat déjà tendu dans plusieurs municipalités rurales.
Un communiqué diffusé le 27 mai par des opposants au projet, dont le conseiller municipal de Mirabel et porte-parole de GOTA, Robert Charron, soulève plusieurs préoccupations liées aux études en cours et aux impacts potentiels du projet.
Le document affirme notamment que près de 1 700 terres agricoles pourraient être touchées dans le corridor Montréal–Ottawa, bien qu’aucun tracé officiel n’ait été confirmé publiquement. Il rapporte également des inquiétudes de citoyens face à la présence de drones et à certaines activités sur le terrain.
Les opposants questionnent aussi plusieurs enjeux encore non résolus selon eux, notamment la responsabilité des coûts d’infrastructures, la protection des terres agricoles, l’avenir des érablières et les impacts sur la qualité de vie des communautés.
Manifestation prévue le 10 juin à Ottawa
Dans ce contexte, une manifestation pacifique est annoncée pour le 10 juin à Ottawa, devant la Chambre des communes, de midi à 15 h 30.
Selon les organisateurs, l’événement vise à rassembler citoyens, producteurs agricoles et élus préoccupés par le projet. Une participation d’au moins 1 000 personnes est attendue.
Les revendications portent principalement sur la transparence du projet, l’écoute des communautés locales et la protection des terres agricoles.
Le mouvement affirme dépasser les clivages politiques et régionaux, en présentant le débat comme une question d’aménagement du territoire et d’avenir des milieux de vie.
Un débat qui s’installe dans la durée
Entre mobilisation citoyenne, études techniques et préoccupations locales, le projet Alto semble désormais entrer dans une phase où les décisions techniques et les enjeux sociaux progressent en parallèle.
Alors que les études de terrain se poursuivent jusqu’à l’automne, le débat public, lui, ne fait que s’intensifier. Dans ce contexte, la ville de Mirabel étoffera son site web pour informer ses citoyens dans les prochains jours et souhaite harmoniser le message au gouvernement fédéral entre les MRC avoisinantes.

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