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Deux-Montagnaises ont pris part au 1er Parlement jeunesse fédéral

Photo Reine Côté –

Gisèle Lessard et Alice Raymond, deux filles de Deux-Montagnes qui ont été sélectionnées parmi une dizaine d’étudiants pour faire partie de la délégation du Québec au 1er Parlement jeunesse à Ottawa.

Deux-Montagnaises ont pris part au 1er Parlement jeunesse fédéral

Publié le 08/01/2026

Deux étudiantes de Deux-Montagnes ont vécu une expérience unique en étant sélectionnées parmi une dizaine à peine de candidats de tout le Québec afin de prendre part au 1er Parlement jeunesse fédéral, qui se tenait en novembre, entre les murs de la Chambre des communes du Canada, à Ottawa.

Au matin du 6 novembre, Alice Raymond et Gisèle Lessard ont pris le train pour se rendre jusqu’à Ottawa où on les attendait pour participer à cet exercice initiatique sur la démocratie fédérale, qui réunissait 73 étudiants en provenance des dix provinces canadiennes.

Bien articulées et déjà très impliquées dans leur établissement, Alice et Gisèle, la première, âgée de 17 ans, termine son 5e secondaire au Collège citoyen de Laval, et la seconde a 16 ans et entame son cycle collégial au Cégep Dawson, n’ont visiblement pas eu de mal à convaincre les organisateurs d’ajouter leur nom à la délégation du Québec pour le Parlement jeunesse d’Ottawa, un exercice étudiant qui se pratique déjà annuellement, à l’Assemblée nationale et à l’ONU.

D’entrée de jeu, il faut savoir qu’Alice et Gisèle sont très investies dans le bénévolat. Alice s’est impliquée antérieurement sur le conseil étudiant, à la coopérative solidaire de son établissement, entre autres. Gisèle s’est également investie sur différents comités, dont celui des proches aidants et celui de la réconciliation avec la communauté autochtone. Même le CSSMI a souligné sa contribution sur son site web.

Cap sur la Chambre des communes

Prises en charge pour leur déplacement, leur hébergement, leurs repas, durant toute la durée de leur séjour, les deux étudiantes se sont senties privilégiées d’entrer dans l’enceinte intérieure des élus, celle des députés et des sénateurs. Elles en ont d’ailleurs eu un bel aperçu dès leur arrivée puisqu’on les avait conviées à un 5 à 7 avec petites bouchées en présence d’élus, bien heureux d’accueillir ces étudiants et étudiantes qui se lanceront peut-être un jour en politique active à leur tour.

Dès le lendemain matin, la découverte de la vie parlementaire s’est entamée avec la visite du parlement. Elles ont pris part à des panels de discussions, incluant la présence de députés. Et même avec Elizabeth May, la cheffe du Parti Vert. Les stagiaires du week-end ont assisté à la période de discussion autour du budget.

Les étudiantes ont ainsi vu Mme May en plein travail. « Elle avait son téléphone et actualisait la page pour voter en ligne. Donc, ils peuvent faire ça, les députés », ont découvert les étudiantes, qui ont aussi pu observer le travail des journalistes de la Colline parlementaire.

Au troisième jour, les participants ont visité le Sénat où on les avait conviés pour discuter d’un projet de loi (fictif) en campant le rôle de sénateur afin qu’ils puissent prendre la pleine mesure de cette étape de travail, qui relève des sénateurs.

En situation catastrophique

Les étudiants ont dû aussi composer avec l’inattendu, comme dans la vraie vie des élus. « On était supposé avoir un panel avec des personnalités du système judiciaire, mais pendant que nous mangions, ils nous sont arrivés avec des journaux avec des articles qui criaient à une attaque informatique d’un pays (fictif) et qui étaient super bien faits », relate Gisèle, pour illustrer comment doit réagir un élu dans un moment aussi impromptu.

Après quoi, on les a réunis en chambre pour leur apprendre comment réagir dans une telle situation. Dans un exercice de simulation, ils ont pu observer les députés, répondre au téléphone et s’enfuir, tandis que des journalistes tentaient de poser des questions, le tout dans une ambiance chaotique. « Ensuite, on s’est retrouvés au Sénat. On nous a présenté des mesures d’extrême urgence, justement pour faire face à la situation, comme la suppression des réseaux sociaux, du seul canal d’information disponible et du déploiement de l’armée dans tout le pays. Des mesures vraiment radicales », souligne avec surprise Gisèle Lessard.

Puis, les jeunes ont été initiés au débat pour en comprendre que la diversification des prises de position vaut mieux que de se mettre tous du même côté.

Le goût de s’impliquer encore plus

Les Deux-Montagnaises sont revenues enrichies de leur expérience à Ottawa. Elles y ont découvert les dessous de la politique — du moins son orchestration, la stratégie derrière — puis ce que vivent des étudiants canadiens de d’autres provinces. « Ça m’a ouvert les yeux sur les différentes réalités présentes au Canada », évoque Alice.

Leur participation à ce parlement les a convaincues plus que jamais de l’importance de s’impliquer auprès de sa communauté et du sentiment d’utilité personnel qui en ressort.

« S’impliquer, ça permet de se développer en tant que personne, d’apprendre à mieux parler, à s’organiser, d’apprendre sur différents sujets », affirme Alice, qui s’implique depuis l’âge de 12 ans, elle dont les parents sont tous deux enseignants. Tout récemment, elle a pris part à la collecte de fonds pour la Fondation de l’hôpital Sainte-Justine. « Comme c’est très formateur et qu’on apprend plein de choses (en s’impliquant), ça donne tout le temps le goût d’en faire plus. »

Alors, la question qui tue : les jeunes se foutent-ils vraiment de la politique ? Alice et Gisèle prétendent qu’il n’en est rien. Et puis, tout dépend de leur éducation, de ce qui est valorisé dans leur famille, rétorque avec justesse Alice Raymond, en ajoutant que les étudiants sont tout de même appelés à exercer déjà leur devoir de vote à l’intérieur même des établissements scolaires lors des mini-élections étudiantes. « Et ça nous permet, mine de rien, de réfléchir à ce que l’on pense côté politique, à forger notre propre opinion. »

Quoi qu’il en soit, les deux étudiantes ont eu la piqûre. Peut-être reverra-t-on leur nom sur un futur bulletin de vote ou encore à d’autres exercices de simulation démocratique !