Une orientation accueillie avec prudence mais optimisme sur le terrain, notamment à Mirabel, où les acteurs du milieu espèrent des retombées rapides et concrètes.
Récemment nommée ministre de la Famille, Catherine Blouin hérite d’un dossier complexe, marqué par des disparités régionales et des pressions croissantes sur les services de garde. Dans ce contexte, la Coalition des garderies non subventionnées de Mirabel se dit prête à collaborer avec le gouvernement afin de répondre aux besoins locaux.
« On est surtout dans une phase d’attente au niveau des décisions du ministère. Les informations ont été déposées et le besoin est reconnu », explique son porte-parole, Christian Jean, évoquant des échanges en cours avec les instances municipales et provinciales.
Une situation paradoxale
À première vue, Mirabel ne semble pas manquer de places en garderie. Le taux de couverture y dépasse même les 100 %. Pourtant, le problème réside ailleurs. « La solution, ce ne serait pas de créer de nouvelles places, ce serait de convertir celles qui sont existantes », souligne le porte-parole.
Actuellement, seulement 66 % des places y sont subventionnées, contre environ 80 % dans les Laurentides et à l’échelle du Québec. Pour atteindre cet équilibre, la coalition estime qu’entre 400 et 450 places devraient être converties.
Des impacts au-delà du portefeuille
Si les places subventionnées sont souvent perçues comme un avantage financier pour les parents, leurs effets vont bien au-delà. « Ça nous permet d’offrir de meilleurs services […] d’avoir des éducatrices plus qualifiées et d’accueillir des enfants à besoins particuliers », explique-t-il.
Dans les garderies non subventionnées, les ressources sont plus limitées. « On n’a pas les moyens de s’offrir des services d’orthophoniste, d’éducatrice spécialisée ou de psychoéducateur », déplore-t-il, ajoutant que cette situation met une pression supplémentaire sur le personnel éducateur.
Du côté des familles, la facture peut aussi être lourde. Malgré les crédits d’impôt, certains parents déboursent encore une trentaine de dollars par jour, voire davantage selon leur revenu. « On a des parents qui retardent leur retour au travail en attendant une place subventionnée », note le représentant.
Une mobilisation locale importante
La coalition regroupe 12 des 14 garderies non subventionnées de Mirabel, un fait qu’il célèbre dans un contexte où ces établissements sont habituellement en concurrence. « On œuvre tous pour le bien-être des enfants et des familles », insiste-t-il.
Appuyée par des acteurs municipaux, dont le conseiller Robert Charron, ainsi que par les élues provinciales se partageant le territoire de Mirabel, la démarche vise à faire reconnaître l’urgence d’agir. « Le besoin est réel […] et la solution peut être implémentée en quelques mois », affirme-t-il.
Entre espoir et incertitude
À l’approche de la campagne électorale, l’incertitude plane toutefois sur l’échéancier. La coalition espère des annonces rapides, mais se prépare aussi à devoir poursuivre ses démarches si nécessaire.
« On est optimistes pour le court terme […] mais si on doit recommencer, on va le faire. Ce qu’on veut, c’est le bien-être des familles, des enfants et du personnel éducateur », conclut le porte-parole.
Pour les acteurs du milieu, la volonté politique affichée représente une occasion à saisir pour déployer rapidement des actions concrètes sur le terrain.

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Journal Infos Mirabel
Christine Fréchette