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Capitale de l’érable : Ça bouille entre Mirabel et Plessisville

Photo Christophe Godon – Sylvie D’Amours, députée de Mirabel pour la CAQ, Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel, Jean-Denis Garon, député de Mirabel au Bloc Québécois et Lucie Lecours, députée des Plaines pour la CAQ dévoilaient cet hiver le nouveau logo de la Capitale internationale de l’érable.

Capitale de l’érable : Ça bouille entre Mirabel et Plessisville

Publié le 22/05/2026

La controverse entourant l’appellation « Capitale internationale de l’Érable » continue d’alimenter les discussions entre Mirabel et Plessisville.

Après l’enregistrement de cette désignation par Tourisme Mirabel plus tôt cette année, la Ville de Plessisville a demandé son retrait la semaine dernière, estimant qu’elle crée une confusion avec son titre historique de « Capitale mondiale de l’Érable ».

Du côté de Mirabel, la mairesse Roxanne Therrien affirme que l’initiative provient de Tourisme Mirabel et qu’il n’a jamais été question d’effacer l’identité de Plessisville.

« On n’a pas l’intention de retirer notre capitale internationale », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’« il y a de la place pour tout le monde » afin de faire rayonner l’érable québécois.

Selon elle, les deux réalités sont différentes et peuvent coexister. Elle soutient que Plessisville possède « l’histoire, le patrimoine et le produit », tandis que Mirabel mise davantage sur ses cabanes à sucre commerciales, l’innovation et sa stratégie de développement liée à l’érable.

« On travaille avec des chercheurs pour identifier la signature chimique du sirop de Mirabel », a-t-elle ajouté.

Levée de boucliers régionale

À Plessisville, le maire Marc Morin affirme toutefois que l’enjeu dépasse largement sa municipalité.

« Ce n’est pas une situation qui est agréable pour toute la région de l’Érable », a-t-il indiqué en entrevue avec la rédaction.

Selon lui, l’appellation touche une identité développée depuis des décennies dans une région où plusieurs institutions, événements et organisations sont associés à l’érable.

« C’est dans nos gènes. Dans nos veines coule un peu de sang, mais beaucoup d’érable », a-t-il lancé.

Le maire soutient que sa région est fortement ancrée dans la production et la transformation acéricoles, citant notamment la présence d’entreprises exportant à l’international, d’importantes réserves de sirop et d’institutions liées au secteur.

« Nos étiquettes sont traduites dans 48 langues. Notre sirop a même fait le tour de la lune. On pourrait s’appeler la capitale interstellaire de l’érable ! », a-t-il partagé avec un fier sourire.

Un appel à la collaboration

Marc Morin affirme également avoir tenté de trouver un terrain d’entente avec Mirabel, évoquant des discussions sur des collaborations et même des projets communs entre festivals. Il dit toutefois souhaiter un changement d’appellation avant toute avancée.

À la suite de la dernière rencontre entre les élus et responsables de la stratégie de l’érable des deux MRC, M. Morin a envoyé une lettre à la ville signifiant le mécontentement de sa région : « On m’a dit que les personnes concernées l’avaient reçu, mais on ne m’a jamais répondu. C’est un autre manque de respect de leur part. »

« La seule condition qu’on veut, c’est qu’ils changent d’appellation, puis là on va pouvoir travailler ensemble », résume-t-il.

Malgré leurs désaccords, les deux élus disent vouloir contribuer au rayonnement de l’érable québécois. Reste maintenant à voir si les discussions permettront de rapprocher les positions ou si le débat fera couler de l’encre comme la sève dans le temps des sucres.