Si le tracé définitif n’est toujours pas connu, le projet franchit néanmoins une nouvelle étape vers sa réalisation.
De janvier à avril, Alto a mené des séances de consultations publiques dans les différentes communautés le long du corridor à l’étude dévoilé en début d’année. En colligeant les informations recueillies, la société d’État a produit un rapport rendu public le 22 juin dernier dans lequel elle regroupe et résume les positions entendues. Les analyses sur le terrain sont toujours en cours même si la plupart des propriétaires de Mirabel ont refusé de donner accès à leur propriété et que la Ville a refusé que les drones d’Alto survolent son territoire. Un tracé plus précis doit être dévoilé cet automne.
Parmi ses analyses, Alto confirme envisager sérieusement la proposition de Mirabel d’un passage plus au nord sur les terres déjà expropriées pour l’autoroute 13 et l’aéroport. Toutefois, rien n’indique que la gare demandée serait envisagée.
« Ce n’est pas une victoire pour Mirabel. Une victoire serait qu’Alto ne passe pas ici ou abandonne complètement le projet », déclare la mairesse Roxanne Therrien en réaction au rapport de consultation.
Une position d’équilibre
Les syndicats locaux de l’UPA et les autres groupes d’agriculteurs se mobilisent souvent lors des conseils de ville, tant à Mirabel qu’ailleurs le long du corridor à l’étude. Christian Couvrette, le président de l’UPA Ste-Scholastique – Mirabel, ainsi que Réal Brière, agronome à la retraite et nouvellement élu chef du parti Mouvement Citoyen Mirabel, se sont rendus à Lachute le 6 juillet dernier afin d’interpeller le maire de Lachute et préfet de la MRC d’Argenteuil, Bernard Bigras-Denis. Ils ont posé des questions et déposé un mémoire à propos des impacts annoncés et imaginés du projet de TGV.
Si le projet ne semble pas vouloir ralentir, la mairesse reste engagée et tient à sa position : « Notre rôle est de continuer à négocier. Nous voulons être à la table pour trouver des solutions de moindre impact pour notre communauté. » Elle a refusé la demande de M. Couvrette de porter le macaron No Alto lors de représentations publiques.
Avis préalable au marché
La même semaine que la publication du rapport de consultation, Cadence, le consortium financier chapeautant le projet, a publié un avis préalable au marché. Ce document détaille les premiers appels de qualification qui auront lieu cet été pour permettre aux entreprises intéressées de déposer des offres lors des appels publics pour du matériel roulant, des systèmes, des gares, des tunnels et autres ouvrages majeurs.
Il reste beaucoup d’inconnus dans l’équation qui mènera (ou non) à la réalisation d’un train à grande vitesse, d’autant plus que le Parti Québécois s’oppose au projet. Si l’été s’annonce plutôt tranquille en attendant un tracé plus précis, la campagne électorale québécoise pourrait ramener le sujet dans l’actualité et amener les candidats de la région à se positionner sur ce projet qui suscite son lot de passions et d’inquiétudes.

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