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10 000 $ pour soutenir la détresse agricole dans un contexte d’incertitude

Photo courtoisie – Caroline Alary, présidente d’Écoute agricole, Stéphane Alary, président de la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides, et Magali Noiseux-Laurin, directrice générale d’Écoute agricole, étaient réunis pour annoncer cette aide financière à l’organisme.

10 000 $ pour soutenir la détresse agricole dans un contexte d’incertitude

Publié le 27/04/2026

La Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides a annoncé l’octroi d’une aide financière de 10 000 $ à l’organisme Écoute Agricole, alors que la détresse psychologique des producteurs s’accentue dans le contexte du projet de train à grande vitesse (TGV).

Sur le terrain, l’inquiétude est palpable. « Les tensions et les émotions sont très présentes », observe la directrice générale d’Écoute Agricole, Magali Noiseux-Laurin. L’organisme, qui offre un accompagnement psychosocial de proximité, anticipe une hausse des demandes de soutien dans les prochains mois, en lien avec l’incertitude entourant les tracés et les risques d’expropriation.

Du côté de l’UPA, cette contribution se veut un geste concret pour répondre à une anxiété grandissante chez ses membres. « On voit que la détresse augmente. C’était un minimum que l’on pouvait faire », affirme son président, Stéphane Alary, évoquant un climat d’incertitude comparable à « une tempête qui pourrait frapper n’importe où ».

L’organisme Écoute Agricole rappelle que ses services sont accessibles autant aux producteurs qu’à leur entourage, souvent affecté indirectement. « Une personne sur deux qui utilise nos services est référée par quelqu’un de son entourage », souligne Mme Noiseux-Laurin, insistant sur l’importance de briser l’isolement.

Cette aide ponctuelle survient toutefois dans un contexte financier fragile pour l’organisme, qui a récemment perdu un financement de 200 000 $ lié à sa mission. Selon la direction, « cette perte compromet la stabilité de l’équipe et la capacité à répondre à la demande croissante ».

Un contexte particulier

Une source proche du dossier nuance toutefois la portée de cette situation. Selon celle-ci, le financement en question n’était pas destiné à être récurrent, mais accordé pour une durée limitée de deux ans. Elle souligne également les défis structurels auxquels fait face Écoute Agricole, dont le territoire couvre deux régions administratives, compliquant l’accès à certains programmes de financement provinciaux.

Toujours selon cette source, une piste envisagée serait une éventuelle scission de l’organisme afin de lui permettre de se qualifier à des programmes distincts par région. Elle note par ailleurs l’existence d’autres services d’aide psychologique destinés au milieu agricole à l’échelle provinciale, ce qui soulève des questions quant à la complémentarité et à la spécificité de l’offre actuelle.

Malgré ces enjeux, les deux organisations s’entendent sur l’essentiel : les besoins en soutien psychosocial sont bien réels et risquent de croître. Dans un contexte où les défis économiques, climatiques et politiques s’accumulent, le soutien aux producteurs apparaît plus que jamais nécessaire.